La belle cité brésilienne de Florianópolis, perle du tourisme s'il en
est dans la province de Santa Catarina, est plus que jamais en phase
complète et intime avec la ville de Marrakech. Une importante
délégation de cette emblématique province vient de quitter Marrakech
après avoir rencontré les responsables de la ville pour sceller un
partenariat structurant. C'est ainsi que le président du conseil municipal, Omar Jazouli, et Berrire Bita, secrétaire général, chargé des Affaires internationales de la ville de Florianópolis , lui-même ancien maire, ont finalisé un important accord de coopération et d'échanges dans le cadre d'un jumelage original et prometteur. Ce partenariat survient alors que s'achevait le Festival international de la magie de Marrakech (FIMM) auquel était conviée une importante délégation de la province brésilienne de Santa Catarina. Il a été convenu dans le cadre du jumelage qu'un festival international analogue sera organisé, en octobre 2009, dans la ville de Florianópolis et qui pourrait être baptisé « Marrakech », en tout cas enraciné dans la mémoire de la cité ocre, puisque l'une des écoles de musique et de danse de la ville brésilienne qui défileront lors du carnaval, portera également le nom de Marrakech. Il convient de rappeler que les cinq écoles regroupent quelque 6 000 danseurs qui défilent et que 140 pays y sont représentés, et leurs activités couvertes par les télévisions du Brésil et du monde entier. C'est peu dire que la ville de Marrakech, avec son histoire et ses richesses, confortera son image et son positionnement mondial au cours de cette manifestation. Les pourparlers entre responsables de la ville de Marrakech et ceux de Florianópolis ont, outre le nom du grand défilé, porté sur l'organisation des accoutrements de la manifestation, suggérant que lors de la parade, des danseurs seront habillés en costumes marocains traditionnels et typiques et que les célèbres chars brésiliens, de 15 mètres de haut, se déploieront aux couleurs de la capitale touristique marocaine. L'objectif est de faire rayonner le patrimoine de Marrakech aux antipodes et, ce faisant, de décliner au public brésilien et latino-américain l'histoire et la pérennité civilisationnelle du Royaume du Maroc. La ville de Marrakech défilera en force au Festival de Florianópolis, et pour ce faire, elle prendra les dispositions nécessaires en termes de choix d'artistes, de troupes et de programmes à proposer au public. Une délégation de l'Ecole brésilienne de danse se rendra à Marrakech fin avril pour s'imprégner des airs et des créations musicales de la cité ocre, comme « Daqqa » ou autres genres de musique, elle reprendra également en compte le répertoire de la tradition, au niveau des costumes, de l'art culinaire et des diverses richesses. Cette visite s'inscrit dans le cadre des préparatifs, certes, mais elle constitue aussi une volonté affichée de réussir le pari du partenariat, d'assurer les meilleures conditions de réussite à la conquête par Marrakech du festival international de Florianópolis. Or, dans le cadre des tout premiers contacts et l'accord de jumelage signé entre les deux cités, une série d'actions ont été d'ores et déjà ou sont en train d'être configurées. Il s'agit par exemple de la mise sur pied d'un festival international de la magie, similaire à celui de Marrakech, que Florianópolis organisera à son tour sur le même mode, puisque son fondateur, Baby Dahan, y a passé huit jours et négocié déjà les modalités avec le maire et les autorités locales de la ville brésilienne. La semaine marocaine - disons de Marrakech au Brésil - s'accompagnera, suggère-t-on, d'une programmation marocaine riche et diversifiée : présentation du patrimoine national à travers l'art de la musique, certes, mais aussi de l'art culinaire, du tourisme, de l'artisanat et autres activités ancestrales du Royaume du Maroc. Il consistera aussi dans l'organisation d'un cycle de conférences sur le Maroc, sa culture, sa civilisation et son ancrage dans l'universalisme à travers son modèle de démocratie, son rôle sur la scène africaine, méditerranéenne et sa dimension atlantique enfin. Des conférenciers seront invités pour animer cette partie pédagogique du festival. Inversement, comme pour n'écarter aucune éventualité, la ville de Marrakech compte faire inviter au Festival international du film, comme aussi au Festival des arts populaires, des cinéastes et des délégations du Brésil. Elle fera venir aussi, dans le cadre de l'échange ainsi acté, une équipe de football du Brésil pour une rencontre amicale avec son homologue de Marrakech. Associant les autorités locales, le conseil régional du tourisme, les élus, les diverses instances et les représentants de la société civile, enfin toutes celles et ceux qui ont à cœur de relancer l'activité du tourisme de Marrakech, le partenariat entre cette dernière et Florianópolis constitue un modèle. Il s'agit en somme de renforcer un axe original et porteur entre les deux cités emblématiques, de rapprocher deux cultures et deux civilisations, le tourisme constituant en effet un vecteur.
Le mythe de Florianópolis Habitée avant la colonisation par les indiens Tupi-Guarani, puis par quelques déserteurs d'expéditions maritimes, la ville fut fondée vers 1675 par Francisco Dias Velho, sous le nom de Nossa Senhora do Desterro (littéralement « Notre-Dame de l'Exil » en français, allusion à la sainte patronne de la localité), initiant ainsi l'occupation de l'île. Ce ne fut qu'à partir de 1747 que Florianópolis connut sa première vague importante d'immigration. Entre 1747 et 1756, environ 5 000 Portugais originaires de l'archipel des Açores vinrent s'installer sur l'île et sur le littoral de l'État. De nombreux villages de pêcheurs de l'île portent encore la mémoire de cette immigration. De la deuxième moitié du XVIIIe siècle jusqu'à la fin du XIXe, la ville participa activement à la chasse à la baleine. Le nom de Florianópolis lui a été donné en 1894 en hommage au maréchal Floriano Peixoto. Le premier nom donné à la ville fut « Meiembipe », nom donné par les indiens Carijós qui vivaient là avant la colonisation européenne. Après la défaite des troupes fédéralistes pendant la Révolution fédéraliste (1893-1895), elle devient définitivement « Florianópolis », selon le nom Floriano Peixoto, chef de l'État brésilien. La ville est également dénommée populairement « Floripa ».
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